Comprendre la douleur pour soigner la douleur

Aujourd’hui, l’hypnose intervient, aussi bien que l’homéopathie et l’ostéopathie, dans la prévention et le traitement de la douleur, qu’elle soit aigüe ou chronique, notamment dans le domaine de certaines interventions de chirurgie esthétique, où elle intervient pour préparer les patients à l’intervention, ou même après l’opération. Il faut dire que la médecine douce en général, bien qu’encore méconnue, constitue une alternative au soulagement de la douleur. Mais que sait-on de nos douleurs ?

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La perception de la douleur dans l’histoire

La douleur comme la maladie qui peut en être responsable, ont été perçues différemment au cours de l’histoire. Considérée avant comme une preuve de courage et d’endurance, puis comme une punition divine, la maladie ne deviendra que tardivement un phénomène naturel, permettant ainsi à Hippocrate et ses disciples d’envisager des traitements.

Au 1er siècle avant J.C, Celse va définir la douleur par ses symptômes « rougeur et inflammation ». Mais l’association de la douleur à la maladie ne se fera qu’au 2ème siècle après Jésus, avec le médecin grec, Claude Galien, qui étudie alors, le rôle conducteur des nerfs. Dès lors, commencent les premières recherches, sur les médicaments antidouleur.

Après le suc de pavot, efficace dans le traitement de la douleur, mais meurtrier, un cocktail de miel, d’opium, de vin, de plantes médicinales, a soulagé de nombreuses souffrances, de même que la solution de Brompton. Mais seule une connaissance exacte des causes de la douleur peut permettre un traitement adéquat, et Avicenne, grâce aux œuvres d’Hippocrate et de ses propres recherches, aura contribué dès le moyen âge à situer sur les différentes douleurs.

Dans le domaine chirurgical moderne, le premier traitement analgésique a été proposé par Ambroise Paré. Il a remplacé les techniques en usage de cautérisation des blessures par les armes à feu et au fer rouge, par la cautérisation électrique. Mais la nécessité de proposer un traitement à la douleur n’apparaît qu’avec la conception vitaliste de la douleur durant les Lumières. Mais c’est à partir de 1974, aux Etats-Unis, qu’une association est fondée par John Bonica,  pour réfléchir sur la question de la douleur chez les patients, l’IASP (International Association for the Study of Pain (IASP). Aujourd’hui on sait que la douleur n’est pas la même chez tout le monde, qu’elle est « multidimensionnelle » selon François Boureau, médecin français, décédé en 2005.

Les différents types de douleurs

Il y a à la douleur,  une dimension sensori-discriminative qui fait qu’on « souffre dans sa chair », les sensations physiques ; une dimension affective et émotionnelle lorsqu’on dit « souffrir dans ou avec son cœur », l’impact de la douleur sur l’humeur, les émotions d’une personne ; la dimension cognitive pour celui qui dit « souffrir dans sa tête » ; la dimension comportementale qui implique l’ensemble des réactions face à l’intensité de la douleur.

La classification de la douleur varie en fonction de sa durée, de son évolution, de son mécanisme physiologique et pathologique, du type de maladie dont elle découle. On distingue ainsi les douleurs nociceptives, provoquées par un excès de stimulation des nocicepteurs, et qui peuvent se soigner par des antalgiques ; les douleurs neuropathiques, causées par une lésion nerveuse profonde ou superficielle, totale ou partielle : le traitement de ce type de douleurs est assez difficile, et comprend des antidépresseurs, des antiépileptiques, des neurostimulations. Ce type de douleur est parfois secondaire à d’autres pathologies, comme le zona, le diabète, un neuropathie traumatique ou post chirurgicale. Les douleurs psychogènes, c’est-à-dire, quand d’apparence elles ne résultent ni d’un traumatisme ni d’une lésion ni d’aucune cause organique. La description de cette douleur est imprécise, et ses causes peuvent davantage être psychologiques, même si elle se manifeste physiquement. La prise en charge de cette douleur est psychothérapique. Les douleurs idiopathiques sont celles qui n’ont pas de cause médicales exactes, et dont le traitement pour le plus souvent reste symptomatique, bien que l’hypnose permette aujourd’hui d’y intervenir. Et les douleurs causées par des soins médicaux, comme une douleur post-opératoire. Ces douleurs peuvent, selon les individus et leur durée, être aiguës (moins de 3 mois), ou chroniques (+ de 3 mois).